mercredi, novembre 04, 2009

Ivano Ghirardini, première solitaire hivernale de la face nord des Grandes Jorasses en 1975 par le Linceul


IVANO GHIRARDINI A VAINCU LE LINCEUL DES GRANDES JORASSES
Qu'il ait accompli un « exploit », Ivan s'en défend âprement Et pourtant, ce jeune gars de Saint-Auban, fils d'un ouvrier pos à l'usine, a su vaincre, en solitaire intégral, un passage incroyablement difficile de la face nord des Grandes Jorasses. En 197 Serge Gousseau y avait trouvé la mort alors qu'il s'attaquait cette pente de glace avec le guide Desmaison.
Le 27 février dernier, notre jeune concitoyen (il a 22 ans ne pratique l'escalade que depuis trois ans) s'en rendait maître, seul. Mais à quel prix ! Il a dû fournir un effort intense et souffrir II a bien failli y laisser sa peau. La Protection Civile d'Annecy l sauvé, in extremis, après que son père eut demandé le secours ( montagne.
Cette épopée, « La Marseillaise » vous la fera vivre, en exclusivité, dans ses pages de dimanche prochain 13 avril. Un numé à ne pas manquer ! Nicole ROUSSEAU

Ivano Ghirardini, première ascension et première solitaire du Mitre Peak, 6010m, Pakistan, Karakorum.


French climber scales Virgin Mitre Peak (6010m)
FROM OUR- RAWALPINDI OFFICE- PAKISTAN TIMES
JULY 28: A French mountaineer Jvano Ghirardini has conquered the virgin Mitre Peak (6,010 mètres) in |he Karakorams.
• The 27year-old mountaineer ascended the snow and ice rock peak from the west face In two davs.
Accompanied by his wife Mrs. Monnet, they established the base camp at Concordia, altitude of 4,800 mètres. There after he made a solo and succesfull attempt on the peak.
On the first days of the climb, the weather was good. The second days he faced bad weather. Neverless Ghirardini kept up his climb. Towards the last stretch of the peak he had to do technically difficult rock climbing.
Last year he was with thé French national expédition on K-2 and went up to the height of 8351m.
After scaling the Mitre peak Ghirardini waited for about a month to get permission from thé Pakistan-offic|als to a bid on K-2, Trango Towers, he did not get permission.


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Première en solitaire dans l'Himalaya
Ivan Ghirardini plante le drapeau français au sommet du Mitre Peak (6.500m)
Une grande première vient d'être réalisée par Ivan Ghirardini, guide français de haute montagne, originaire de Château-Arnoux - Saint-Auban dans les Alpes-de-Haute-Provence.
A la tète d'une expédition légère, ce jeune alpiniste de 26 ans qui compte à son palmarès quelques premières hivernales en solitaire notamment dans le Cervin, les Grandes Jorasses et la face nord de l'Eiger, vient de réussir l'ascension du Mitre Peak, un sommet jusqu'alors inviolé de 6.500 mètres dans l'Himalaya du Karakorum.
Après une marche d'approche de 12 jours avec son expédition, Ivan Ghirardini se trouvait le 31 Triai dernier sur le flanc ouest du Mitre Peak. Plusieurs centaines de mètres le séparent encore du sommet. Ce sont les plus difficiles.
Il doit interrompre sa lente progression à cause du soleil qui réchauffe de trop les pentes enneigées, les rendant excessivement dangereuses et installe son bivouac sur une épaule de neige.
Le 1et juin, le temps se gâte et il gèle. L'alpiniste décide de s'alléger au maximum n'emportant que des vivres et le matériel strictement indispensable. Des corniches de neige et des rochers de plusieurs tonnes surplombent le vide rendant l'escalade extrêmement périlleuse d'autant qu'il neige d'abondance. A quelque soixante-dix mètres du sommet I. Ghirardini se résoud à bivouaquer protégé par une combinaison iso-
terme prévue à cet effet, les pieds enfouis dans le sac à dos pour les mettre à l'abri du gel.
Au lasso
Le 2 juin vers 10 h, une brève accalmie lui permet une nouvelle progression. Un mur vertical de 5 mètres de haut se dresse sur son chemin, infranchissable en escalade libre et encore moins « pitonable » car la roche s'écaille en surface. C'est au lasso qu'il attrape un becquet réussissant ainsi à se hisser dans un étroit couloir de glace encombré de blocs instables qui le conduit ausommet.                     -
Le Mitre Peak est vaincu et le drapeau français claque du haut de ses 6.500 mètres. Le sommet est si étroit, une fine arête qu’il ne peut se tenir debout mais à califourchon, une jambe sur chaque versant. Il laise deux pitons pour le rappel.
Le retour sera particulièrement périlleux, d'une part à cause de la visibilité très réduite mais aussi à cause de la difficulté à trouver des amarrages solides. Paradoxe de la nature que de voir les plus belles cimes par leur forme comme le Cervin ou le K2 n'être en réalité que des tas de cailloux...
Le 4 juin; après avoir évité bien des embû¬ches dues aux avalanches et aux chutes de pier¬res, épuisé mais heureux, Ivan Ghirardini rejoint le glacier Baltoro où l'attendent patiemment son épouse Marie-Jeanne et le reste de l'expédition quittés cinq jours plus tôt.
L'alpiniste français vient de franchir une nou¬velle étape dans la conquête de l'Himalaya.
ELMICK.

Ivano Ghirardini, tentative au Makalu en hivernale solitaire.




ALPINISME   Makalu (8441 mètres) :

Ivano Ghirardini a renoncé au pilier ouest mais devait s'attaquer à la voie normale
Chamonix. — La brève information que nous avons publié vendredi indiquait qu'Ivano Ghirardini, le guide de Çhamonix parti faire l'ascension du Makalu en solitaire en hiver sans oxygène par la voie difficile du pilier ouest, a du rebrousser chemin après avoir atteint 7000 mètres d'altitude.
C'est une mesure sage d'un homme responsable connaissant ses limites et qui, en prenant cette décision, a donné tort à tous ceux qui, plus ou moins bien intentionnés, le jugeait fou suicidaire.
La lettre qu'il nous a adressée du camp de base où il était redes­cendu le 12 janvier en est un témoignage.Cette lettre, arrivée jeudi à Cha­monix est rédigée ainsi.


Deux premières hivernales tout de même

« Nous sommes arrivés au camp de base le 31 décembre à 4850 mètres. Le 2 janvier, je suis monté à 5300 mètres à l'ancien camp 1 (celui de l'expédition française) mais une violente tempête m'en a délogé et le 4 je suis redescendu au camp de base.
« Le 6 janvier, le temps s'est remis au beau et je suis reparti. Le 7. j'ai atteint 6000 mitres et j'ai installé mon bivouac 2 (il est plus correct de parier de bivouac que de camp) ».
Pour se rendre ensuite au pied de la principale difficulté, le pilier Ouest dont l'expédition française a réussi en 1971 la première ascension, il faut passer de 6000 à 6800 mètres par une arête dite des Jumeaux qui comprend deux sommets le Jumeau 1 à 6100 mètres et le Jumeau 2 à 6420 mètres.
En gravissant cène longue arête neigeuse qui mène au pied du pilier, Yvan Ghirardini a réussi, au passage, la première ascension hivernale solitaire de chacun des deux Jumeaux ce qui aurait pu constituer le but d'une expédition. C'est le 8 janvier qu'il a réalisé cette performance. Ainsi, le grimpeur installa son bivouac No 3 vers 6800 mètres au pied de ce pilier.
il poursuit son récit : « Le 9, j'ai essayé de continuer mais très vite l'âne s'est fixé sur le Makalu l'Everest et le Lothse (1). J'ai juste eu le temps de me replier vers le bivouac 3 lorsqu'une des plus incroyables tempêtes que j'ai jamais vu s'est déchaînée sur cette région de l'Himalaya avec des vents de plus de 150 km/h et des températures de moins 40 à moins 50 degrés. Même dans le duvet, il gèle. Le 10 la température se calme et je profite d'une éclaircie pour finir le plus vite possible ce pilier. Le 10 au soir, j'atteinds le bivouac 1 et le 11 sous la neige et la tempête, le camp de base ».

Le Makalu « hurle » comme le Concorde

En dix jours, deux premières hivernales et une altitude de 7000 mètres dans des conditions ex­trêmes c'est déjà quelque chose d'important mais pour l'objectif No 1 de l'expédition Yvan Ghirar­dini a pris sa décision à la lumière de ce qu'il vient de vivre : «J'ai renoncé à tenter le pilier en solitaire et en technique alpine car ce serait suididaire. En effet, au dessus de 7000 mètres, les turbulences du vent et les rafales sont d'une violence inouïe. Certes, je pourrais peut être monté au sommet en trois jours depuis le camp 3 mais comment redescendre avec des vents de 150 à 200 km/h. Le Makalu hurle tous les jours et l'on croirait assister à un décol­lage perpétuel du Concorde plein réacteurs ». Voilà une analyse qui en dit long sur les conditions rencontrées par l'alpiniste qui, rappelons-le, tentait là le pari le plus audacieux de l'histoire de l'alpinisme.
Mais, Yvan Ghirardini, lauréat de la Vocation, ne veut pas en rester là. Il a aussitôt demandé l'autori­sation de gravir ce même som­met par la voie normale donc en solitaire jusqu'au sommet qui est népalais puis jusqu'au sommet.

Pas de droit à l'erreur

Comme les hivernales réussies après le 31 janvier ne sont pas reconnues comme telles par le Népal et si Yvan Ghirardini a réussi avant dimanche ce que nous saurons dans les jours qui viennent, ce serait le premier 8000 gravi en hivernale et, qui plus est, en solitaire car la réussite des Polonais à l'Everest avait eu lieu après le 31 janvier. « Mais ne rêvons pas, écrit Yvan, j'ai très peu de chances de réussir. En tout cas, c'est déjà une fantastique expérience ». Il est vrai de plus que le grimpeur n'a pas le droit à l'erreur. La dramatique aventure de Nicolas Jager qui s'est terminée par la disparition de celui-ci a très défavorablement impressionné le gouvernement du Népal et, en cas d'échec, d'Yvan Ghirardini, ce serait l'alpinisme solitaire au Népal qui pourrait être définitive­ment compromis.Yvan Ghirardini a du mener des tractations pendant plus de quin­ze jours avec les autorités pour obtenir l'autorisation et, c'est grâce à son passé et à sa longue expérience qu'il y est arrivé. Reinold Messner quelques mois plus tôt avait lui aussi obtenu l'autorisation du Makalu pour le gravir en solitaire l'automne der­nier mais il avait renoncé dès son arrivée au camp de base.

(1) L'âne : Nuage de mauvais temps qui s'accroche sur les sommets.

Notre photo. — L'itinéraire du pilier ouest du Makalu qu'Yvan Ghirardini, a gravi, à moitié.

Jean-Paul ROUDIER



Ivano Ghirardini, Mont Mac Kinley


Rencontre au sommet
Tentative d'une expédition française au mont Mac Kinley
Chamonix. — Une expédition légère française composée de quatre alpinistes, quitte ces jours-ci, à la mi-avril, la France pour l'Alaska. Elle s'est fixée pour objectif d'atteindre le sommet du mont Mac Kinley, point culminant de l'Amérique du Nord (6 193 mètres) par l'épe¬ron Cassin qui conduit directement au sommet du pic sud (3 000 mètres de dénivelée), vingt-et-un ans après la premiè¬re de cet éperon, réussie en juillet 1961 par les Italiens Cassin, Airoldi, Alippi, Canali, Perego, Zucchi.
L'équipe est composée de Jean-Charles Arnaud, 24 ans, Jurassien, qui s'occupera de la partie cinéma ; de Jean-Philippe Roux, d'Amiens, 20 ans ; de Marie-André Houde, une Qué¬bécoise, de 20 ans également. Elle a été organisée et sera dirigée par le guide de haute montagne Ivano Ghirardinf, 28 ans, de Chamonix, tout juste rentré de sa tentative hivernale solitaire au Makalu et qui, l'hiver prochain, repartira seul à l'as¬saut d'un 8 000 mètres en Himalaya.
Ces alpinistes ne font pas la chasse à la première, et pour cause, mais cet itinéraire au bout du monde reste une ascension convoitée, une belle aventure. Il représente la voie royale d'accès au mont Mac Kin¬ley, voie difficile, dans un cadre impressionnant. En effet, par sa position, ce sommet peut être le lieu de tourmentes aussi violen¬tes que soudaines. Les condi¬tions y sont rigoureuses et délicates et, à partir de 5000 mètres d'altitude, régné un climat polaire. Un ensemble de conditions qui ne rend pas la tâche des alpinistes facile, d'au¬tant plus qu'ils ont choisi l'itinéraire le plus difficile technique¬ment.
Arrivés en avion à Anchorage, les alpinistes français se dirige¬ront ensuite en train vers Fairbanks. Ils prévoient de louer un avion et de se faire déposer sur le glacier de Kahiltna. Pendant quatre semaines, après avoir installé un bon camp de, base, les Français déposeront des vivres et du matériel au col du même nom pour aménager un premier camp d'altitude dans une grotte de neige et de glace. De ce point, la progression se fera au fur et à mesure dans la paroi qui sera équipée de cordes fixes dans les passages difficiles afin d'assurer le retour et une éventuelle retraite en cas de gros mauvais temps. Le sommet devrait être atteint trois semaines après le départ de l'expédition dont le retour est prévu vers le 20 mai. Encore une belle aventure alpine.
Jean-Paul ROUDIER
Ivano Ghirardini, un adepte de l'expédition légère.

Ivano Ghirardini, bourse de la vocation 1981



Grimpeur solitaire, Ivano GHIRARDINI
V               .                                                 -.-y"». ••                           .-.-
a découvert la montagne l'été du bac
(Suite de la 1èrepage)
Saint-Auban, dans les Alpes de Haute-Provence, où il habitait alors, il n'y avait ni C.A.F., ni école de montagne. Il apprend donc tout seul, grimpant comme un chat dans les rochers proches. Les progrès seront fulgurants, qu'on en juge : 1973, en Haute Ubaye, il ouvre la « voie du Pendu » (extrêmement difficile), et réa­lise pendant Tété plus de 40 ascensions en solitaire à la Meije, au Pelvoux et autres lieux. En 1974, il passe avec succès l'examen d'aspirant-guide.
Alpes et Himalaya
* En 1975, il a 22 ans, et ne pratique la montagne que depuis 3 ans. C'est alors pour­tant qu'il se lance dans la pre­mière hivernale en solitaire de la face nord des Grandes Jorasses, par le Linceul... Mais, l'ascension réussie, le retour est dramatique. Dans la tem­pête, il perd son réchaud. Il reste 8 jours sans boire, 6 jours sans manger. Au bout de 10 jours, ses sauveteurs le retrou­vent en piteux état, épuisé, en hypothermie : sa température n'était plus que de 30°C, et il a des gelures aux pieds.
: Ce sauvetage le traumatise, et lui impose une année d'arrêt. On le retrouve donc en 1977, échouant à 150 m du sommet , lors de la première hivernale de la face nord du Cervin. Malgré \ ce demi-succès, il reprend confiance. L'hiver suivant, en ; 1978, il gravit successivement, .toujours en solitaire, les faces nord des trois plus difficiles sommets alpins : le Cervin, les Grandes Jorasses, l'Eiger.
; « Ces trois sommets résument pour moi toute l'histoire de la conquête des sommets alpins, remarque Ivan Ghirardini. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à être connu dans le monde de la montagne. En 1979, j'ai été invité à parti­ciper à l'expédition nationale française au « K. 2. » (8.611m). C'est le deuxième sommet du monde et il est situé au Pakistan ».
La solitude du grimpeur de fond
« Je n'étais pas très à l'aise dans cette expédition, trop « lourde » pour moi qui suis habituée partir en solitaire avec très peu de matériel. Pensez : pour 14 grimpeurs, H y avait 30 tonnes de matériel et 1.400 por­teurs ! L'expédition a échoué, mais j'ai pu battre un record de durée, en restant en continu pendant 12 jours à plus de 7.500 mètres d'altitude, en grimpant 3 fois à plus de 8.000 mètres et en bivoua­quant à  8.350 mètres ».
Après cette première expé­rience himalayenne, Ivan s'attaque en 1980 à un « petit » sommet pakistanais, le « Mitre Peak » (6.010 mètres) qui doit son nom à sa ressemblance avec une coiffe épiscopale. Une ascension extrêmement difficile, rendue en outre dan­gereuse par les avalanches et les chutes de pierres. Une expédition « lourde » améri­caine s'y était cassé le nez en 1976. Ivan Ghirardini part avec sa jeune femme, Marie-Jeanne, promue au rang de « responsable médicale de l'expédition », et 10 porteurs : il n'a pas de quoi en payer plus. Après 3 semaines de marche d'approche, le sommet est conquis  , en solitaire en trois jours. Au retour, il est mis à l'amende par les autorités pakistanaises. Motif : n'a pas embauché assez de porteurs !
Passons sur les bricoles : la première escalade en solitaire, Intégrale, de la paroi sud de l'Acongagua, le sommet des Andes (6.959 mètres), réalisée en février 1981 : une belle muraille de 3.000 mètres de dénivelée. Depuis, installé à Chamonix avec Marie-Jeanne, Ivan exerce le métier de guide, de conférencier et de conseiller technique auprès de fabricants de matériel de montagne.
Marie-Jeanne, la blonde Aixoise, sait bien qu'elle n'est pas la seule à partager la vie d'Ivan. La montagne est une rivale exigeante.

Ivano Ghirardini Aconcagua 1




L'objectif de l'alpiniste saint aubannais Ivano Ghirardini :




le toit de l’Amérique






SAINT-AUBAN. - L'alpiniste saint-aubanais Ivano Ghirardini, auteur de plusieurs grandes premières en Europe et en Asie, se propose de gravir la face sud de l'Aconcagua qui culmine à 6.959 mètres et qui est le plus haut sommet d'Amérique.


Accompagné de deux alpinis­tes de valeur, les frères Michel et André Verney dé Bourg-d'Oisans, Ivan Ghirardini sera sous peu à Santiago du Chili.


De là, l'expédition dont il sera le leader, atteindra le camp de base prévu, en principe le 20 janvier, si tout se passe bien.


La face sud de l'Aconcagua, une des plus grandes parois du monde, se dressera alors devant


elle du haut de ses 3.000 mètres. Fort difficile, formée de ressauts de 5 à 6 degrés, elle est de phis exposée aux avalanches. Les trois alpinistes se proposent dé la gravir en assaut alpin* sans camp ni corde fixe. '&$$$&•'• : Nous souhaitons une pleine réussite dans leur fabuleuse entreprise à Ivano Ghirardini, garçon 'attachant ainsi que ses camarades d'épopée Michel et André Verney.              ^


Notre photo :                      r


L'alpiniste saint-aubannais Ivano Ghirardini


Article du Provencal

jeudi, mai 17, 2007

Ivano Ghirardini, première trilogie hivernale solitaire des grandes faces nord des Alpes.




MONTAGNE


Exceptionnel: le même hiver après le Cervin et les Grandes Jorasses


Ivano Ghirardini réussit l'ascension hivernale


solitaire de la face nord de l'Eiger


Chamonix. La réussite du G.M.H.M. dans la directissime hivernale de la face Nord de l'Eiger, ne doit pas faire oublier ce que viennent d'achever un alpiniste japonais et un français, en solitaires, à 24 heures d'in­tervalle.


En effet, pendant que l'équipe du capitaine Marmier, poursuivait son ascension, Tsuneo Hasegawa, un Japonais qui réside actuellement à Chamonix, réus­sissait la première ascension hivernale solitaire de la face Nord de l'Eiger, par la voie normale. Le Japonais et les militaires se sont même1 trouvés ensemble au bivouac de la Mort Sur cet itinéraire, était engagé égale­ment, en solitaire, Ivano Ghirar­dini, guide de l'association indé­pendante du Mont-Blanc à Cha­monix, qui a atteint Je sommet dimanche, réussissant la se­conde hivernale en solitaire et la première française du genre.


De retour à Chamonix, Yvan Ghirardini a pu nous raconter dans quelles conditions s'étaient déroulées ces journées exceptionnelles, conditions qui ont été les mêmes pour le Japonais qui l'a précédé. En ce qui le concerne, Yvan Ghirardini, se refuse à parler d'exploit:


« J'ai bivouaqué cinq fois entre mardi et dimanche. Les conditions atmosphériques ont tou­jours été très moyennes, avec des nuages, du vent, du brouil­lard, et des coulées de neige le long de la paroi. Le rocher était en mauvaise condition. J'aurais pu sortir le dernier soir, mais le sommet était couvert de givre et enveloppé de brouillard, et c'était trop dangereux. J'ai été très impressionné par la traver­sée des Dieux. Au deuxième névé, j'ai dû attendre que le vent se calme pour continuer mon ascension ».


On le voit, ce sont bien les conditions très difficiles qu'ont connu également les militaires du G.M.KM.


Les derniers grands problèmes des Alpes résolus en trois mois par le même homme


En fait, pour Yvan Ghirardini, et pour ceux qui s'intéressent à l'alpinisme en général, cette as­cension doit être replacée dans son contexte. Historiquement, les trois grands problèmes des Alpes, ont été le Cervin, les Grandes Jorasses, dans le mas­sif du Mont-Blanc, et l'Eiger. Vénérés et redoutés, ces som­mets ont toujours été les juges de paix des valeurs et les étapes ont toujours été franchies dans la même décennie, pour tous les trois


Les premières du Cervin, de l'éperon Croz, dans les Joras­ses, et de l'Eiger, ont été réus­sies dans les années 1930. Puis, dans les années 60, ce furent les premières solitaires et en 1977-78, Yvan Ghirardini, a fran­chi à lui seul, ce qui est excep­tionnel et remarquable, une étape très importante : La soli­taire hivernale. Le 21 décembre c'est la seconde hivernale soli­taire dans la voie Schmidt au


Cervin. Le10 janvier, c est dans les mêmes conditions l'éperon Croz et maintenant l'Eiger. Tous les spécialistes s'accordent à dire qu'il s'agit là d'une série exceptionnelle. Pour Ivano Ghi­rardini, c'est un aboutissement. Jamais personne n'avait accom­pli une telle trilogie, et de plus en un seul hiver.


C'est aussi la victoire de l'alpi­nisme classique. Dans le respect de l'état d'esprit des premiers conquérants de ces voies extrê­mes, Yvan Ghirardini n'avait pas de poste radio, donc pas de


prévisions- météo, pas de hamac pour le bivouac, pas de pitons à expansion. L'alpiniste français a tout hissé à dos d'homme, dans un sac de dix kilos, qui conte­nait des vivres, une dizaine de pitons, quelques broches à glace, 7 à 8 mousquetons et deux cordes de 35 m. L'engage­ment était donc maximum.


C'est en tout cas, de l'avis gé­néral des spécialistes, une étape très" importante dans l'histoire de l'alpinisme.


JEAN PAUL ROUDIER